Colloque Le Mille Sabords / Les Annonces du Bateau, " Le Marché Européen
du Bateau d'Occasion", Le 1er novembre 2002,
Yacht Club Crouesty Arzon (Y.C.C.A.), Port du Crouesty
(56), France
Préambule
Depuis plusieurs années déjà, le Mille sabords a affirmé sa
vocation internationale. Jusqu’à cette dernière édition,
c’était un peu grâce à son succès qu’il
a accueilli de plus en plus de visiteurs étrangers et de journalistes
spécialisés, ces derniers relayant l’information sur
leurs supports spécialisés.
Nous avons décidé cette année de forcer le destin de
notre salon en l’inscrivant dans une perspective européenne.
Notre partenariat avec le salon de Vigo et l’organisation de ce Colloque
en ont été les deux temps fort et deux messages bien accueillis
par la presse nautique.
Plusieurs tendance lourdes de la plaisance en Europe – tendances parfaitement
confirmées par les intervenants - sont à l’origine de
ce choix :
- Il n’existe pas dans d’autre pays de manifestation comparable
au Mille sabords. Certains salons du neuf accueillent des occasions pour
gonfler leurs effectifs, certaines braderies ciblées sur le matériel
et l’équipement voient poindre quelques unités d’occasion,
mais rien de global comme le Mille Sabords. Une place européenne est
donc à conquérir.
- Les cultures nautiques des pays européens évoluent. Les
performances de notre industrie nautique en terme de qualité et d’homogénéïté des
produits, sa compétitivité à l’exportation, la
connaissance à l’étranger de nos voiliers par le biais
de la location, font qu’aujourd’hui les unités typiques
du marché français sont très prisées dans le
reste de l’Europe- y compris dans les pays du Nord, Angleterre incluse.
En clair, on ne boude plus le « plastique français » comme à une époque
et il y a fort à parier qu’à l’avenir, les achats
par des étrangers sur notre territoire se multiplient.
- La libéralisation des échanges et l’adoption des normes
CE depuis 1998 est un contexte réglementaire favorable à ces échanges
croisés, même si comme nous les verrons plus loin, de nombreuses
spécificités ou chausses trappes administratives sont à connaître.
Mise en garde : L’absence de statistiques dans de nombreux pays européens
sur le marché de l’occasion et a fortiori d’instance transnationale
dans ce domaine, nécessite d’inscrire cette action entamée
cette année dans la durée. Nous avons conçu ce colloque
comme un préambule, une rencontre entre professionnels permettant
de fixer les questions clés pour l’avenir. Ce caractère
pionnier explique en particulier que ce rapport ne contienne pas toutes les
informations pratiques que l’on pourrait attendre d’un document
de travail. C’est à vous et nous de l’enrichir au quotidien
en y intégrant des informations que seule la connaissance du terrain
peut apporter.
Le Colloque en quelques mots :
BUT
Accroître l'audience et la reconnaissance internationale du Salon
Le Mille Sabords vers les pays européens.
Continuer à proposer des animations variées parallèlement
aux activités purement commerciales du salon notamment par une réflexion
sur le marché du bateau d'occasion (B.O.) en Europe.
Cultiver notre
caractère pionnier auprès des professionnels
et des médias. « C’est du Mille sabords que vient la nouveauté »
De fournir une occasion unique aux professionnels du nautisme français
de rencontrer leurs homologues européens.
OBJET
De mieux connaître les différents marchés européens
(Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Espagne et France) – Chiffres clés, évolution,
difficultés, bateaux recherchés, comportement clientèle.
De mieux connaître les modalités administratives inhérentes
aux mutations de propriété à l'intérieur de la
communauté européenne – Documents obligatoires, homologation,
contraintes rencontrées.
D'échanger et de réfléchir sur l'avenir de transactions
entre pays membres de l'Union Européenne.
D'établir ou de
consolider des partenariats entre professionnels.
INTERVENANTS
Monsieur Pierre-Marie BOURGUINAT (Journaliste / FR) – Animateur
Monsieur
Hervé LOZAC'H – Interprète
Monsieur Colin SINCLAIR (Michael
Schmidt & Partner / UK) – Marché Anglais
Monsieur Niels
CLAUSEN (Zweite Hand Bootshandel / DE) – Marché Allemand
Monsieur
Thomas FOCK (Zweite Hand Bootshandel / DE) – Marché Allemand
Monsieur
Boris HILDERBINK (Boten te Koop / NL) – Marché Hollandais
Monsieur
Alvaro OTERO (Salon Nautique de Vigo / ES) – Marché Espagnol
B.O.
Monsieur Olivier MARTIN (Dufour Yachts / FR) – Marché Français
B.O.
ASSEMBLEE
l 35 à 40 personnes dont 80% de professionnels français.
ORGANISATION
Philippe LABBE – Soft Wind, consultant
Jean-Marc BLANCHO – Mille
Sabords
LE MARCHE DE L’OCCASION EN EUROPE, PAYS PAR PAYS
Ce colloque a pu voir le jour grâce notamment à la participation
d'une partie des membres du réseau Euroboats.
Euroboats est un regroupement
de six revues européennes* et la mise
en réseau de leurs sites web de petites annonces nautiques.
A ce jour plus de 28.000 annonces sont recensées sur le site Web
www.euroboats.com
* Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Suède, Danemark et France
ROYAUME-UNI
Intervenant : Colin Sinclair
Le Marché :
Il n'existe pas au Royaume-Uni de chiffres ou de statistiques officiels
sur les mutations de propriété pour les bateaux d'occasion.
En effet, les transactions n'étant pas enregistrées par l'administration
britannique, il est très difficile de connaître précisément
le volume et les détails du marché.
On peut signaler tout de
même deux faits importants :
La taille des bateaux recherchés et vendus a tendance à s'accroître
Le nombreux propriétaires de voiliers revendent leurs bateaux au
profit d'un bateau à moteur
D'autre part la structure du marché est totalement différente
de celle, par exemple, de la France. La quasi absence de grands réseaux
de constructeurs – « vos chantiers ont sonné le glas de
notre industrie nautique » notait Colin Sinclair, notre intervenant
- a permis à des dizaines de "Yacht Brokers" (courtiers)
de s'implanter sur tout le territoire depuis une vingtaine d'années.
La majorité d'entre eux se situant entre Plymouth à l'ouest
et Portsmouth à l'est soit dans le sud de l'Angleterre.
La livre (£) étant actuellement très forte, les prix
des bateaux en provenance du Royaume-Uni sont très élevés.
Pour les professionnels britanniques ce niveau de change pose problème
car ils se retrouvent en concurrence avec des bateaux neufs venant du continent
tels que Bénéteau, Jeanneau, Dufour ou Bavaria.
Le Comportement Clientèle :
Le comportement des plaisanciers britanniques change. Très centré,
il y a quelques années, sur leur propre production et sur leurs très
british Westerly et Moody, ils se tournent maintenant vers des constructions
nordiques ou européennes.
Les mentalités changent, on accepte de plus en plus volontiers d'autres
méthodes de construction, d'autres plans de pont et d'aménagement,
d'autres manières de naviguer au profit du confort et du bien-être.
Fini la prédominance des cockpits centraux fermés par des toiles
de protection, on veut profiter pleinement du bateau même à quai.
Les acheteurs sont dorénavant près à quitter leurs îles
pour acquérir un bateau sur le continent européen.
Les Formalités Administratives :
Le "Bill of Sale" (Acte de Vente) est l'unique document obligatoire à remplir
et apportant la preuve d'une transaction commerciale.
Il n'existe pas d'immatriculation et de taxe particulière par rapport à une
vente car il n'existe pas réellement de document officiel.
Diverses Remarques :
Lors d'une transaction, la responsabilité d'un courtier est totale.
Connaissant cette spécificité il n'est pas surprenant d'apprendre
que toute vente se fera avec l'aide d'un expert qui contrôlera le bateau
dans ses moindres détails et établira un rapport d'expertise
qui fera foi. On comprend alors le lien très fort qui unit l’acheteur
au broker, véritable homme de confiance et non pas seulement apporteur
d’affaire.
Il n'existe pas d'obligation d'armer un bateau de plaisance avec du matériel
de sécurité (radeau de survie, fusées, pinoches, etc.).
Cela est fortement recommandé par l'administration britannique mais
cette responsabilité est laissée au propriétaire du
bateau.
ALLEMAGNE
Intervenants : Niels Clausen et Thomas Fock
Le Marché :
Il n'existe pas en Allemagne de chiffres ou de statistiques officiels sur
les mutations de propriété pour les bateaux d'occasion. En
effet, les transactions n'étant pas enregistrées pas l'administration
allemande, il est très difficile de connaître précisément
le volume et les détails du marché (même remarque que
pour le marché britannique).
Quelques chiffres synthétiques permettent cependant de se faire une
idée du marché :
- La répartition entre voiliers et bateaux à moteur lors des
ventes est la suivante :
30% de voiliers et 70% de bateaux à moteurs
- La taille des bateaux recherchés et vendus à tendance à s'accroître
mais se situe dans une
fourchette allant de 7 à 12 mètres.
- Le parc de bateaux allemands
serait de 350.000 bateaux de plaisance.
9,1% de la population pratiquerait régulièrement un sport
nautique.
Il existe déjà des échanges de bateaux d'occasion entre
différentes régions de l'Allemagne et certains pays limitrophes
notamment entre le sud et la Suisse ou l'Autriche ou bien entre le nord et
le Danemark ou la Suède.
Le Comportement Clientèle :
Les allemands sont très soucieux et très pointilleux sur la
qualité des transactions commerciales. Le non respect d'une clause
d'un contrat peut conduire rapidement à une action judiciaire.
Les clients sont donc très sensibles à la qualité du
produit, au niveau de garantie et de services.
Pour être donc sûr de leur achat, ils aiment traiter et acheter
leur bateau directement à un professionnel allemand qui guidera parfaitement
leurs recherches et leurs démarches. La notion de contrat moral et
de mission se rapproche donc de la culture anglaise sur ce point.
Les Formalités Administratives :
Le "Bill of Sale" (Acte de Vente) est l'unique document obligatoire à remplir
et fournir par le vendeur pour certifier qu'il est bien le propriétaire
du bateau au moment de la transaction commerciale.
Il n'existe pas d'immatriculation ou de taxe particulière par rapport à une
vente car il n'existe pas réellement de document officiel.
Un propriétaire allemand n'a aucune obligation d'enregistrement de
son bateau auprès d'un service administratif.
En revanche, un organisme ou un club nautique peut délivrer un numéro
d'enregistrement montrant que le bateau navigue sous pavillon allemand. Ce
numéro n'a aucune valeur officielle.
Diverses Remarques :
Aucune remarque particulière.
ESPAGNE
Intervenant : Alvaro Otero
Le Marché et le comportement clientèle :
Il n'existe pas en Espagne de chiffres ou de statistiques officiels sur
les mutations de propriété pour les bateaux d'occasion. En
effet, l'administration espagnole ne tient pas à jour de statistiques
malgré l'enregistrement des mutations de propriété auprès
de celle-ci ; il est donc là encore très difficile de connaître
précisément le volume et les détails du marché.
Comprendre le marché de l’occasion en Espagne nécessite
néanmoins d’intégrer quelques spécificités
géographiques :
Il existe deux marchés très distincts du bateau d'occasion
:
- L'un se situe sur la cote est de l'Espagne principalement autour de Barcelone
et des îles Baléares. Il regroupe des bateaux étrangers,
généralement de grande taille et les transactions se font entre étrangers
ou une frange très aisée de la population espagnole.
- L'autre se situe sur la cote nord ouest de l'Espagne, principalement en
Galice. Il regroupe
majoritairement des petites unités à moteur. Ces bateaux appartiennent à des
espagnols qui
découvrent depuis peu les joies des sports nautiques. Les transactions
sont rares par manque
d'offre sur cette zone. C'est un nouveau marché en plein développement
qui va donc de pair à une réelle démocratisation des
sports nautiques et une pauvreté de l’offre locale.
Le marché du bateau d'occasion dans cette dernière zone à cependant
du mal à se développer car ce qu’on pourrait appeler
la taille critique n'est pas atteinte. Lors de la dernière édition
du Salon de Vigo, par exemple, n'étaient présentés que
20 bateaux d'occasion. La volonté des acheteurs existe réellement
mais le marché ne suit pas.
Il existe donc depuis très longtemps des échanges avec la
France, car ne trouvant pas sur place le bateau désiré, le
client espagnol n'hésite pas à acheter à l'étranger
malgré les difficultés administratives .
Les Formalités Administratives :
Les formalités administratives sont très contraignantes en
Espagne ce qui explique en grande partie les difficultés d’importation
et le déséquilibre du marché.
Ces contraintes sont inhérentes à l'interprétation
confuse et souvent très personnelle des textes européens faite
par les différents bureaux administratifs.
Malgré tout, l'administration espagnole s'appuie sur un document
remis à jour annuellement recensant le prix des bateaux suivant leur
année de construction. Quelque soit le prix d'achat du bateau, le
montant servant de base de calcul pour la taxe de transmission (4%) sera
celui mentionné par les tables officielles émises par le Ministère
de l'Économie Espagnol. Cette côte officielle est donc un document
précieux que les professionnels limitrophes de la zone espagnole ou
souhaitant établir des contacts sérieux avec ce marché devront
se procurer.
Diverses Remarques :
Il existe en Espagne un contrôle technique mis en place par l'administration
pour juger de la qualité des bateaux d'occasion. Même si cette
tracasserie administrative a surtout été mise en place comme
une fiscalité déguisée, il faut noter qu’il s’agit
d’un système unique en Europe.
PAYS-BAS
Intervenant : Boris Hilderbink
Le Marché :
Le marché du bateau d'occasion au Pays-Bas s'assimile presque au
marché français à quelques nuances près :
- Beaucoup d'échanges avec les pays limitrophes, soit la Belgique
et l'Allemagne.
- Un secteur très spécifique que l'on appelle les "Classical
Boat", ces bateaux de travail du début du siècle que beaucoup
de clients rachètent
pour les transformer en habitation.
- Une forte poussée de la plaisance culturelle, où des propriétaires
n’hésitent pas à investir des sommes importantes dans
des bateaux de plus en plus grands, luxueusement construits et aménagés
sur le thème du yachting classique
Le Comportement Clientèle :
Comme les allemands, les acheteurs hollandais sont très soucieux
et très pointilleux sur la qualité des transactions commerciales.
Ils sont donc très sensibles à la qualité du produit,
au niveau de garantie et de services.
Pour être donc sûr de leur achat, ils aiment traiter et acheter
leur bateau directement à un professionnel hollandais (question de
mentalité) qui connaîtra parfaitement leurs recherches et leurs
démarches.
Pour effectuer des affaires avec les clients hollandais il faut donc commencer
par acquérir leur confiance en leur montrant que l'on s'intéresse à eux
avant de parler du produit et de la transaction. Il semble donc dans ce domaine
se détacher une véritable culture de la transaction sécurisée
dans toute une partie de l’Europe (GB, Hollande et Allemagne).
Les Formalités Administratives :
Les formalités administratives sont identiques à celles des
marchés allemand ou britannique.
Diverses Remarques :
Comme en Grande-Bretagne l'intervention d'un expert lors de la vente d'un
bateau est presque systématique avec une petite différence à savoir
que les experts hollandais sont des professionnels diplômés
avec différents niveaux de qualification (technique, évaluation
du prix, etc.).
FRANCE
Intervenant : Olivier Martin
Le Marché :
Complètement étranger au fait que le colloque était
organisé en France, il semble que l’hexagone soit des différents
pays passés en revue, le seul où l’on dispose de véritables
statistiques.
Les mutations de propriété, qui correspondent à la
vente de bateaux d'occasion, sont en constante augmentation depuis 1984.
En 1984, 31.579 mutations de propriété soit 59,4% des immatriculations.
En
1992, 42.889 mutations de propriété soit 68,5% des immatriculations.
En
2000, 51.371 mutations de propriété soit 71,5% des immatriculations.
Ces données sont extraites de rapports statistiques menés
par :
Le Bureau de la Plaisance du Ministère de la Mer
Le Centre Administratif
des Affaires Maritimes
Les Douanes Françaises
La Fédération des Industries Nautiques
Elles soulignent l'irrésistible avancée de ce marché dans
l’ensemble des ventes annuelles : Aujourd’hui, plus de deux bateaux
sur trois achetés en France est le résultat d’une transaction
d’occasion.
Il existe en France une vraie culture de l’occasion : Lors de la dernière édition
du salon "Le Mille Sabords", une enquête menée auprès
des vendeurs particuliers révélait que la majorité d'entre
eux se séparait de leur bateau avec l'ambition d'en racheter un plus
grand.
84% d'entre eux annonçaient même leur désir de trouver
leur futur bateau d'occasion avec un budget équivalent, voire légèrement
supérieur, mais sans pour autant faire appel à un crédit.
Qu'il s'agisse de voiliers ou de bateaux à moteur, le nombre moyen
de bateaux achetés par un plaisancier est proche de trois, un bateau
neuf et deux bateaux d'occasion.
Seuls 18% des vendeurs déclaraient vouloir arrêter la navigation
ou passer à la location.
Le marché du bateau d'occasion se porte donc bien avec une tendance
actuelle, comme en Angleterre, de croissance pour les grandes unités
entre 100.000 et 160.000 euros.
Pour l'année 2000 et toutes tailles confondues, les voiliers représentaient
22,5% des mutations de propriété, les bateaux à moteur
77,5%. La tendance nationale du marché de l'occasion concernant plus
précisément les bateaux à moteur de moins de deux tonneaux
avec 60,7% du marché.
Il existe trois canaux de distribution possible en France :
Les réseaux de grandes marques
Les particuliers
Les courtiers ou chantiers indépendants
La répartition des supports de vente est la suivante :
42% par petites annonces,
34% par visite chez un professionnel,
8% par pancarte sur un bateau,
16% par d'autres moyens.
La vente de bateaux d'occasion en France se fait donc essentiellement de
particulier à particulier, l'acheteur utilisant principalement les
petites annonces.
On peut noter tout de même que les acheteurs de voiliers semblent
nettement préférer ce mode de recherche (51% des achats) alors
que les acheteurs de bateaux à moteur semblent avoir des attitudes
plus variées.
Le réseau de vente le plus sollicité reste dans l’ensemble
les petites annonces des magazines spécialisés ainsi que la
consultation maintenant des sites Web.
En conséquence, les prix sont fixés en fonction de l'offre
et de la demande et aucune maîtrise véritable de ces derniers
n'est possible comme dans l'automobile, malgré la publication de multiples
côtes de l’occasion.
Le Comportement Clientèle :
L'achat d'un bateau d'occasion s’effectue à 62 % auprès
d'un particulier et à 38 % auprès d'un professionnel de l'occasion.
L'interlocuteur privilégié de l'acheteur de bateau d'occasion
est donc le particulier, la démarche d'achat chez un professionnel
n'est donc pas encore rentrée totalement dans les mœurs.
Une autre tendance apparaît, on note une très nette différence
entre la voile et le moteur. Seulement 25% des acheteurs de voiliers l'ont
acheté à un professionnel, alors que 45% des acheteurs de bateaux à moteur
ont effectué une démarche similaire.
En effet, le particulier acheteur d'un voilier d'occasion aime rencontrer
un autre amateur et établir une relation de connivence qui va conforter
son choix. Acheter à un particulier, c'est en apprendre davantage
sur la vie du voilier en consultant les journaux de bord et les factures
d'entretien. Seul le particulier sait montrer les petits "trucs" du
bord et peut prendre tout son temps pour une visite approfondie du bateau,
de ses accessoires, voire pour une sortie en mer. Seule ombre au tableau,
acheter à un particulier c'est acheter sans garantie. S'il y a un
vice caché, l'acheteur en est pour ses frais.
C'est peut-être pour cette raison que les amateurs de moteur feraient
donc à priori plus confiance aux professionnels (Garantie moteur).
Il faut noter d’autre part que la présence dans les nouveaux
pratiquants de sports nautiques d’une majorité d’adeptes
du bateau à moteur explique entre autres le recours plus fréquent
aux professionnels (méconnaissance des produits, garantie…)
D'autre part, il est aussi intéressant de noter que l'acheteur qui
a une idée précise du bateau qu'il veut acheter se dirige aussi
bien vers le particulier que le professionnel, ce dernier n'est donc pas
forcément dans l'esprit des gens celui qui est capable d'apporter
la solution, contrairement à la culture anglosaxonne.
Quelques remarques supplémentaires pour aider à cerner la
culture d’acheteur des Français :
Il apparaît clairement que le consommateur préfère acheter à un
particulier car il est persuadé d'y faire une meilleure affaire que
chez un revendeur professionnel (42%).
Le hasard et les circonstances semblent aussi être un critère
important d'achat ( 23%). Comme quoi l'acheteur de bateau d'occasion n'a
pas forcément d'idées préconçues et pourrait
tout aussi bien être dirigé par un professionnel ou broker – une
remarque certainement importante pour l’avenir de cette profession
encore balbutiante en France.
Enfin, le fait que l'habitude d'acheter de particulier à particulier
apparaisse en troisième critère montre bien qu'il existe une
sorte d'habitude de consommation (19%) : les gens considèrent sûrement
qu'en passant par ce canal, ils se prémunissent de toute arnaque.
Surprenant !
La perception des professionnels : état des lieux et avenir.
Un tiers (seulement !) des personnes ayant acheté via un professionnel
déclarent qu’il s’agit d’une question de confiance.
Souvent adossés à des structures d’entretien, les professionnels
sont vus aussi comme des interlocuteurs privilégiés pour la
suite – hivernage, réparation…
Quelques chiffres ont de quoi faire réfléchir sur la place
de cette profession, certains allant d’ailleurs complètement à l’encontre
des idées reçues :
- Deuxième cause déclarée (25 %) d’achat par
un professionnel : le hasard ! Difficile de dire que l’achat par intermédiaire
est donc une question de mœurs .
- Troisième cause, la variété des bateaux présents
sur le parc d’un revendeur semble représenter une vraie motivation.
-
La reprise qui est liée aux conditions financières ne semble
pas être si importante pour le client (12%) alors qu’elle est
très souvent considérée comme essentielle.
- Il semble
surprenant que le conseil apporté ne soit qu'un des derniers
facteurs cités (9%).
Les Formalités Administratives :
Dans le cas d'un bateau acheté en France, pour effectuer un changement
de propriétaire, il faut réunir les éléments
suivants :
Pour un bateau dont la jauge est inférieure ou égale à trois
tonneaux
La carte de circulation du bateau remise par l'ancien propriétaire
L'acte
de vente, daté et signé par les deux parties, en trois
exemplaires originaux
Une fiche de plaisance, à remplir ou à compléter par
l'acquéreur
Un justificatif de domicile
Une photocopie de la carte d'identité ou
du passeport de l'acheteur
Une enveloppe au nom de l'acheteur pour le retour
des pièces
Pour un bateau dont la jauge est supérieure à trois
tonneaux
L'acte de francisation remis par l'ancien propriétaire
L'acte de
vente, daté et signé par les deux parties, en quatre
exemplaires originaux
Une fiche de plaisance, à remplir ou à compléter par
l'acquéreur
Un justificatif de domicile
Une photocopie de la carte d'identité ou
du passeport de l'acheteur
Deux photos d'identité de l'acheteur
Un relevé d'identité bancaire ou postal de l'acheteur,
pour régler les frais de francisation
Une enveloppe au nom de l'acheteur pour le retour des pièces
L'ensemble du dossier doit être envoyé dans un délai
d'un mois à l'administration maritime. Les documents sont destinés
au bureau des douanes du port dans lequel le bateau était francisé.
Les services des douanes mettront à jour l'acte de francisation, puis
fourniront les informations nécessaires aux Affaires Maritimes pour
l'immatriculation du bateau.
Dans le cas d'un bateau d'une jauge inférieure ou égale à trois
tonneaux, le dossier doit être directement envoyé aux Affaires
Maritimes pour obtenir la nouvelle carte de circulation.
Dans le cas d'un bateau acheté dans le cadre de l'Union Européenne,
la procédure est simplifiée depuis l'ouverture du marché commun.
L'acheteur d'un bateau acquis d'occasion à l'étranger n'est
pas astreint à payer la TVA à l'entrée des eaux territoriales
françaises. Si son bateau dépasse 7,50 mètres hors tout,
il lui faudra néanmoins contacter sa recette des impôts où il
signalera son achat afin d'obtenir un certificat de régularité fiscale
indispensable à la francisation.
D'autre part, le bateau devra être homologué, sauf s'il s'agit
d'un bateau marqué "CE" donc construit après 1996,
respectant des contraintes techniques communautaires. Dans le cas contraire,
il faudra contacter le Centre de Sécurité des Navires.
Le bateau doit être francisé. La procédure ne diffère
pas de celle d'un bateau acheté en France, mais le vendeur devra fournir
en plus en certificat de radiation du pavillon étranger.
REMARQUE :
Ces règles administratives très « françaises » mais
apparemment simples laissent parfois apparaître des cas où les
vides juridiques et parfois l’interprétation très personnelle
des textes par certains quartiers d’affaires maritimes rendent les
opérations d’une grande complexité.
Le Directeur Commercial de la société Dufour Yachts, Olivier
MARTIN, a notamment souligné les difficultés rencontrées
dans certaines transactions avec l'interprétation des textes européens
faite par les quartiers des affaires maritimes et a regretté l’absence,
lors de ce colloque, de représentants des Affaires Maritimes, des
Douanes et de la Fédération des Industries Nautiques françaises.
LA NOTORIETE DU SALON "LE MILLE SABORDS"
A la vue des analyses précédentes, le succès et la
notoriété du Salon "Le Mille Sabords" se comprennent
maintenant facilement, illustrant parfaitement un secteur économique
actif.
Cette organisation répond pleinement à toutes les attentes
des acheteurs / vendeurs potentiels soient :
- Une concentration importante de bateaux d'occasion de toutes tailles (1.200
unités) évitant ainsi une perte de temps en recherche, déplacement
et visite.
- 65.000 à 70.000 visiteurs représentants autant
d'acheteurs et/ou de vendeurs potentiels
- Un mélange entre particuliers (500 exposants) et professionnels
(200 exposants) vendeurs créant un lieu de dialogue privilégié entre
passionnés.
- Une présentation à flot ou à terre des unités
d'occasion mettant en valeur celles-ci.
- Une forte implication locale mettant
en valeur la région, les professionnels
et la qualité de leurs savoir-faire.
- Un choix de dates favorables
(le week-end de la toussaint) permettant à chacun
de finir tranquillement la saison en pensant déjà à la
suivante (Vente / Achat)
- Une durée de salon de 4 jours sur un long week-end permettant à tout
le monde de prendre son temps pour regarder, fouiner, se balader, acheter
ou vendre.
- La gratuité de l'accès au salon renforçant la convivialité de
cette manifestation.
- Un espace d'accueil et de conseils mettant en valeur
le sérieux
de l'organisation. Cet espace fournissant aux acheteurs / vendeurs des renseignements
utiles sur les formalités administratives encadrant les transactions.
-
La possibilité de consulter à l'avance le site Web du Mille
Sabords sur lequel un acheteur peut rechercher son bateau d'occasion idéal.
-
Une facilité d'accès au salon par voies routières
express, train (TGV) ou avion.
CONCLUSION
Quelles que soient leurs origines et leurs professions, les intervenants
et l'assemblée se sont accordés sur l'importance de poursuivre
ce débat. C'est en effet en développant ce style de rencontre
que des partenariats entre professionnels européens pourront se mettre
en place afin de donner naissance et de développer un grand marché européen
du bateau d'occasion. Ce colloque Le Mille Sabords / Les Annonces du Bateau
a eu le mérite, malgré toutes ses imperfections, de poser la
première pierre d'une construction qui n'est pas gagnée d'avance.
Durant cette édition du Mille Sabords, le dialogue était à l'œuvre.
Il devra continuer à l'être dans les années à venir
afin de renforcer l'objectif premier du salon : donner aux professionnels
un outil performant, pour leur permettre d’alléger leur parc
d’occasion et ainsi développer la vente de bateaux neufs durant
les Salons d’automne et le Salon Nautique de Paris |